Le sens des maladies – quand l’âme parle au corps
- troianomari
- il y a 5 jours
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Cet article reflète mes croyances personnelles et s’inscrit dans une approche complémentaire.

De l’émotion à l’organe : Le sens biologique des troubles corporels
Dans mon précédent article, nous avons exploré les chemins qui peuvent mener à ce que l’on appelle la « mal à dit » - cette façon qu’a le corps de mettre en mots ce que l’âme ne parvient pas à exprimer.
Avec cet article, je souhaite vous amener un peu plus loin dans le raisonnement, approfondir ce vaste sujet et vous proposer une lecture de la façon dont ces émotions non résolues peuvent se localiser dans des organes ou des systèmes précis, chacun portant une signification biologique et symbolique qui lui est propre.
Rappel du processus psychobiologique
Pour récapituler, la personne vit un événement perçu comme critique et inattendu. Il est vécu dans l’isolement, ce qui signifie que la personne le ressent seul, dans l’impossibilité de le partager ou d’en parler immédiatement de manière libératrice. La personne se trouve sans solution satisfaisante ou immédiate pour s’en sortir, augmentant le niveau de détresse. Qui est interprété dans un ressenti spécifique (peur de mourir ou sentiment de dévalorisation), cette charge émotionnelle particulière est l’élément qui pourrait orienter la réaction physiologique vers un organe précis.
Le corps comme carte du vivant
Le corps est un ensemble remarquable cohérent de système qui travaille en harmonie, d’organes et de systèmes travaillant en étroite collaboration et qui assurent des fonctions vitales. Voici comment certains d’entre eux peuvent résonner avec notre monde intérieur.
Le système musculosquelettique :

Fondation de chacun de nos gestes, le système musculosquelettique assure le soutien du corps, rend le mouvement possible et protège les organes vitaux. Il maintient notre posture, stabilise nos articulations et nous permet de nous tenir debout dans le monde - au sens le plus littéral du terme.
Il parle de la façon dont nous nous tenons aussi intérieurement.
Sur le plan symbolique
Les muscles : sont les récepteurs du mouvement émotionnel. Ils accueillent ce que nous vivons comme une structure accueille une charge, et lorsque cette charge est faite de doute, d'effort non reconnu ou du sentiment de ne pas être à la hauteur, c'est souvent là qu'elle s'installe. Ils évoquent une dévalorisation dans l'action, dans l'élan, dans le fait même de se mettre en mouvement.
Le squelette : touche à quelque chose de plus fondamental encore. Il est la charpente invisible qui nous soutient, celle sur laquelle tout le reste repose. Lorsqu'il est affecté, c'est la structure même de l'identité qui semble ébranlée, une dévalorisation de soi à un niveau profond, presque archaïque, comme si les fondations intérieures venaient à vaciller.
Ce système nous rappelle que se tenir debout n'est pas seulement une question de corps. C'est aussi, et peut-être surtout, une question de ce en quoi l'on croit de soi-même.
Le système cardiovasculaire :

Il est le grand distributeur du corps. A chaque battement, le cœur propulse le sang à travers un réseau dense d'artères, de veines et de capillaires, portant aux cellules l'oxygène et les nutriments dont elles ont besoin, et remportant les déchets vers les organes d'élimination. Un mouvement perpétuel, au rythme duquel la vie se maintient.
Ce système parle de ce qui circule ou ne circule plus, dans nos liens les plus essentiels.
Sur le plan symbolique
Le cœur : est le foyer de la vie affective, le lieu où se joue la question de l'amour nourricier : est-ce qu'il circule librement ? est-ce qu'il atteint ceux à qui il est destiné ? lorsque ce flux se heurte à un obstacle - une blessure relationnelle, un amour retenu ou non reçu - le cœur peut en porter l'empreinte ?
Le sang : évoque l'appartenance. Appartenir à un clan, à une famille, à un groupe qui nous reconnaît comme des siens. Lorsque ce sentiment d'appartenance est mis à mal - lorsque l'on se sent exclu, rejeté, ou mis à l'écart de ceux auxquels on croit appartenir - c'est parfois dans le sang que cette blessure trouve son écho.
Le système veineux (artères, veines, capillaires) : tisse quant à lui la toile des relations entre générations. Si le cœur symbolise les figures parentales, source de vie, alors le réseau qui relie le centre aux extrémités du corps représente le lien vivant entre parents et enfants : ce qui se transmet, ce qui circule, ce qui parfois se bloque d'une génération à l'autre.
Ce système nous invite à nous demander : qu'est-ce qui circule vraiment dans mes liens ? qu'est-ce qui, peut-être, attend encore de trouver son chemin ?
Le système lymphatique :

Il draine l'excès de liquide des tissus, évacue les déchets, les germes et les cellules endommagées, et produit les lymphocytes - ces globules blancs qui constituent notre première ligne de défense immunitaire. Il assure également le transport des graisses alimentaires des intestins vers le sang. Un gardien discret, mais indispensable à l'équilibre du corps.
Il parle de la frontière entre soi et ce qui vient de l'extérieur - et de la façon dont nous nous défendons, ou non, contre ce qui nous menace.
Sur le plan symbolique
La lymphe : évoque la tension permanente entre attaque et défense. Elle soulève une question fondamentale : jusqu'où suis-je capable de me protéger ? où sont mes limites ? quand est-ce que je cède, et quand est-ce que je résiste ?
Sur un plan plus profond, elle peut être associée à une forme de mort symbolique de la pureté intérieure.
Il nous rappelle que défendre son intégrité n'est pas seulement une affaire de biologie. C'est aussi, et souvent, une question de ce à quoi l'on choisit ou l'on parvient - à résister dans sa propre vie.
Le système respiratoire :

Il assure l'échange vital entre l'oxygène que nous respirons et le dioxyde de carbone que nous rejetons. Il filtre, réchauffe et humidifie l'air avant qu'il n'atteigne les poumons, et donne également naissance à la parole, grâce aux cordes vocales.
Le souffle est bien plus qu'un échange gazeux, il est le signe le plus immédiat de notre présence au monde.
Sur le plan symbolique
Les poumons : portent le désir de vivre et la peur de ne plus pouvoir le faire. Respirer librement, c'est s'autoriser à exister pleinement - à prendre sa place, à s'ouvrir, à recevoir la vie. Lorsque le souffle se resserre, c'est souvent une angoisse plus profonde qui s'exprime : la peur de l'étouffement, la peur de manquer d'espace, parfois même une peur viscérale de la mort.
C’est en se libérant de la mort qu’on trouve la vérité.
Il nous invite à cette simple question : est-ce que je m'autorise vraiment à respirer - à prendre ma place, à vivre pleinement ?
Le système digestif :

Il a pour fonctions principales de transformer les aliments en nutriment que le corps peut utiliser, d’absorber ces nutriments dans la circulation sanguine et d’éliminer les déchets non absorbés. Ce processus implique l’ingestion, la digestion (mécanique et chimique), l’absorption des nutriments et l’excrétion.
Sur le plan symbolique
L’estomac : est, au sens propre comme au sens figuré, le lieu de la première acceptation. C’est ici que se joue quelque chose d’essentiel : est-ce que j’accueille ce qui m’arrive, ou est-ce que je le refuse ? les nausées et les vomissements peuvent ainsi être compris comme une tentative du corps d’expulser ce qu’il ne parvient pas à recevoir.
L’intestin grêle : parle de ce qui est ancien et non digéré. Il évoque les vieilles contrariétés qui n’ont jamais vraiment trouvé leur place, les situations traversées avec la peur de manquer, ce que l’on n’a pas réussi à assimiler parce que cela ne résonnait pas avec qui l’on est profondément. A ce niveau, la question symbolique est celle du discernement : qu’est-ce que je garde ? qu’est-ce que je laisse entrer en moi.
Le côlon : est le lieu de la rétention et du lâcher-prise. Il représente notre capacité ou notre difficulté à éliminer ce que nous avons vécu, à ne pas garder en nous ce qui n’a plus lieu d’y être. Retenir ou relâcher, telle est la tension symbolique qui s’y exprime.
Ensemble, ces trois organes dessinent un chemin : celui qui va de la réception du monde jusqu’à sa libération, en passant par l’assimilation de ce qui nous nourrit vraiment.
Le système urinaire :

Il a pour fonction principale de filtrer en continu le sang, élimine les déchets et les substances toxiques, et participe à la régulation hormonale du corps. Un travail de purification, accompli sans relâche, pour maintenir l'équilibre intérieur.
Il parle de ce que nous portons, et de ce que nous peinons à laisser partir.
Sur le plan symbolique
Les reins : sont associés à des émotions profondes et souvent anciennes : la peur, les remords, la résistance au changement. Ils peuvent également évoquer une difficulté à s'autoriser à vivre pleinement ses passions, comme si quelque chose en nous retenait l'élan vital avant même qu'il ne s'exprime.
La vessie : touche quant à elle la question du territoire, non pas au sens physique du terme, mais dans sa dimension la plus intime : la capacité à définir son espace propre, à poser des limites claires, à savoir où l'on commence et où l'on finit. Lorsque cette frontière intérieure est floue ou constamment bousculée, le corps peut en porter la trace.
Filtrer, retenir, relâcher - le système urinaire nous invite, à sa manière, à nous demander ce que nous sommes prêts à laisser partir, et ce que nous continuons, parfois sans le savoir, à garder en nous.
Le système reproducteur :

Il assure la production des cellules sexuelles et des hormones qui les accompagnent, permettant la fécondation, la gestation et la naissance.
Sur le plan symbolique
Il touche à ce que nous avons de plus intime, notre rapport à la féminité ou à la masculinité, à la création, à la perte et ce que nous laissons après nous.
L’utérus : est profondément lié au vécu féminin du territoire. Il peut exprimer une frustration sexuelle non résolue, ou un conflit intérieur autour de la place que l’on occupe en tant que femme, dans une relation, dans un foyer, dans sa propre vie. Une dévalorisation du féminin, parfois silencieuse et ancienne peut y loger.
Les gonades (ovaires, testicules) : parlent quant à elles d’une réalité plus universelle et plus radicale : la perte. La perte d’un être cher, d’un enfant, d’un époux, d’un parent. A ce niveau, ce qui se joue touche à quelque chose d’archaïque et de profondément biologique : la survie de l’espèce, la pérennité du clan. Perdre un enfant représente symboliquement l’une des épreuves les plus déchirantes que le corps puisse enregistrer, car c’est l’avenir même qui disparait.
Ces organes nous rappellent que le corps ne vit pas la création et la perte de manière abstraite. Il les ressent, les mémorise.
Le système nerveux :

Véritable chef d'orchestre du corps, il reçoit en permanence des millions d'informations sensorielles, les traite et envoie des réponses aux muscles et aux organes. Il coordonne aussi bien les gestes volontaires que les fonctions vitales automatiques - respiration, digestion, rythme cardiaque - et préside à nos fonctions les plus subtiles : les émotions, la mémoire, l'apprentissage, la pensée.
Il est intimement lié à notre façon de nous exprimer et de nous relier au monde.
Sur le plan symbolique
Les nerfs : portent la question de la parole et du ressenti. Ils peuvent exprimer une dévalorisation dans l'expression de soi, la difficulté à formuler ses désirs, ses besoins, ses pensées, ou, à l'inverse, une sensibilité si vive qu'elle déborde et devient difficile à contenir. Entre le trop peu et le trop plein, les nerfs cherchent un passage.
Le cerveau : est souvent le siège de ce qui anticipe et de ce qui résiste. Les peurs projetées vers l'avenir, les pensées qui tournent en boucle, les rigidités qui empêchent d'avancer, les conflits non résolus avec l'autre ou avec la vie, tout cela peut trouver un écho dans cet organe extraordinaire qui parfois, se protège en se fermant plutôt qu'en s'ouvrant.
Le système nerveux nous rappelle que penser et ressentir ne sont pas deux activités séparées. Ils forment un seul et même mouvement, celui par lequel nous nous relions à nous-même et au monde qui nous entoure.
Le système tégumentaire :

Il a pour fonction principale de protéger le corps en agissant comme une barrière contre les agressions extérieures, comme les micro-organismes, les UV et les blessures mécaniques. Il assure également la régulation de la température corporelle par la transpiration et le contrôle des vaisseaux sanguins, le maintien de l’équilibre hydrique, la perception des stimuli (toucher, pression, température, douleur) grâce aux récepteurs sensoriels et la synthèse de la vitamine D.
Sur le plan symbolique
La peau : est notre frontière avec le monde, notre premier contact. Elle parle de séparation, de besoin de contact. Dans la nature, perdre le contact physique avec la famille, le clan est en général vital. Ce que le corps a intégré profondément.
Corps et âme : deux langages, un seul être

La philosophie occidentale, depuis Descartes, a longtemps séparé le corps de l’esprit. Ce fameux « je pense donc je suis » a conduit à s’identifier à sa seule conscience, en oubliant que l’être humain est un tout indissociable. De cette fracture est né une illusion, celle que la volonté consciente peut et doit contrôler le corps. Résultat, des conflits intérieurs sans fin, et une vision fragmentée de soi-même et du monde.
Les sagesses orientales proposent une tout autre perspective. Pour elles, tout est interconnecté. L’individu n’est pas séparé du tout, mais en fait partie. Atteindre cette conscience d’unité, parfois appelée illumination, n’est pas un exercice intellectuel, c’est une expérience qui engage l’être entier.
Ces deux regards, loin de s’opposer, peuvent se compléter. Et c’est peut-être dans cet espace de dialogue entre raison et ressenti, entre corps et âme, que se trouve le chemin vers une santé plus profonde et plus vivante.
Bibliographie :
Dictionnaire des codes biologiques des maladies (Version 2007 – Téligaté)
Comprendre sa maladie – Docteur Michel Henrard (Edition Amyris)
Le Tao de la physique (Fritjof Capra)


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